Routine, la vitrine de l'horlogerie française

Routine, la vitrine de l'horlogerie française

Savoir-faire français et transparence : tels sont les mots d’ordre de Routine, une nouvelle marque de montres qui a pour but de redynamiser la filière horlogère locale en optant pour la production la plus "Made in France" possible.

Entretien avec son fondateur, Florian Chosson.

OZZ le Mag : Quel est le concept de "Routine" ?

Florian Chosson : Routine est une marque de montres qui a pour mission de revaloriser le savoir-faire horloger français et de redynamiser la filière. Je travaille sur le projet depuis deux ans, et il a été lancé commercialement le 4 septembre dernier.

De sa conception à l’exposition en vitrine, comment se déroule la production des montres ?

Il y a énormément de composants, c’est pourquoi je travaille avec quatorze fournisseurs. Chaque fournisseur équivaut à un savoir-faire, de l’aiguille au bracelet. On met en place un planning qui visualise le temps de production pour chaque composant jusqu’à la dernière opération : l’assemblage. Cela prend de deux à trois mois.

Comment se procurer les montres Routine ?

Depuis notre site officiel ! Nous venons tout juste de lancer le e-shop. L’idée aussi est de rencontrer les grands distributeurs pour rendre plus accessible nos produits.

Quelle est la spécificité de Routine comparé aux autres horlogers ?

C’est son engagement pour une production locale et la revalorisation des personnes qu’elle fait travailler (artisans horlogers, industriels), ce qui nous différencie de la concurrence. C’est la marque de montres la plus made in France au monde avec 86% de ses composants fabriqués ici. Je veux aussi que Routine ait un impact social car toutes les 300 montres vendues, un emploi est créé dans la filière. Enfin, produire local s’inscrit aussi dans la logique de répondre aux enjeux du développement durable en réduisant l’empreinte carbone.

Pourquoi avoir investi dans l’horlogerie ?

Après avoir été diplômé en école d’ingénieur, j’ai fait un stage dans une maison horlogère en Suisse qui m’a permis de découvrir le secteur, et le produit m’a fasciné. Pour un ingénieur, une montre est un objet très technique comme on les aime, et l’aspect esthétique m’a attiré. Quand j’ai appris qu’on était le pays leader dans les années 70 avec plus de 50 000 emplois dans la filière contre 2000 aujourd’hui, j’ai voulu m’engager avant que ce savoir-faire disparaisse.

Justement, n’est-ce pas trop difficile de se faire une place parmi les horlogers suisses ?

C’est un marché très concurrentiel. Je ne suis pas le seul en France, il y a 13 millions de montres vendues en France par an. Les horlogers suisses sont dans une autre sphère mais je m’y compare dans la manière de concevoir avec plus de transparence et la volonté de produire local.

Selon vous, quelle est la difficulté principale du métier d’entrepreneur ?

Le défi principal est de savoir s’entourer des bonnes personnes et de lutter contre l’isolement. Il faut savoir prendre du recul, échanger avec les autres et surtout ne pas avoir peur d’échouer. J’ai commencé dans mon salon car j’avais peur qu’on me pique l’idée, pourtant quand j’ai intégré cet espace de coworking, je me suis rendu compte que j’avançais très vite notamment grâce au suivi de mon activité qui m’a beaucoup aidé.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes souhaitant être entrepreneurs ?

Ne pas attendre l’idée "étoile" qui n’est en fait qu’une étoile filante, la première n’est jamais la bonne. Il faut rejoindre des start-ups, des espaces de coworking et s’intéresser aux secteurs, car c’est en apprenant les complexités d’un milieu qu’on commence à germer des idées. Je pense aussi qu’il faut s’engager et avoir une cause à défendre tous les matins. Ceux qui n'entreprennent que pour le business se cassent très vite la figure.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour Routine à long terme ?

Il est mieux d’avoir une vision à long terme mais rien n’est figé pour le moment donc je n’ai pas de chiffres précis. Par contre je sais où je veux aller, l’idée à court-moyen terme c’est de progresser "step by step" pour s’adapter à la réalité du moment présent.

Enfin, pourquoi le nom "Routine" ?

Pour l’inspiration du quotidien, du temps qui passe et l’objet de la montre qui s’inscrit justement dans notre routine. La routine a souvent une connotation négative, pourtant c’est nous qui la choisissons ! Donc la routine peut être positive, c’est aussi retrouver ses potes le vendredi soir, faire son marché le samedi matin, ou voir son match du dimanche soir. Bref, la routine c’est aussi de notre manière de faire, de procéder, de consommer. Ma routine à moi ? Me lever tous les matins pour défendre mon projet.

Pour découvrir l'univers Routine, rendez-vous sur leur site officiel !

Vincent Villemer

Journaliste

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