Obvy : l'app qui sécurise les transactions entre particuliers

Obvy : l'app qui sécurise les transactions entre particuliers

Créée l’an dernier à Bordeaux, Obvy propose la première solution de paiement conçue pour sécuriser l’achat et la vente entre particuliers. Son CEO, Charles-Henri Gougerot-Duvoisin, est revenu avec nous sur cette belle expérience entrepreneuriale.

Comment a démarré l’histoire d’Obvy ?

Charles-Henri Gougerot-Duvoisin : On a commencé à travailler sur le projet en 2016. Il s’agissait au départ d’un produit financier dédié à l’économie collaborative, mais pour des problématiques légales, on a opéré un pivot l’année dernière. Ça a donné naissance à Obvy, un projet sur lequel on travaille depuis un peu plus d’un an. L’entreprise a été créée l’été dernier et notre premier produit est sorti il y a quatre mois environ.

Comment avez-vous rencontré vos associés ?

CHGD : Je les ai rencontrés au cours de différentes expériences. Jérémy Di Méglio est un ancien salarié de Criteo avec qui j’ai fait une partie de mes études à l’École Supérieure de Publicité. Laurent Vessiere, qui vient du monde de la logistique, je l’ai rencontré dans le cadre professionnel d’une entreprise à Toulouse. Et Stevy Llong-Taï, c’est l’ami d’un ami qui travaillait en tant que développeur pour une banque italienne à la City à Londres.

Pourquoi avez-vous créé une solution pour sécuriser les transactions entre particuliers ?

CHGD : Il y a quelques années, quand j’étais encore étudiant, j’ai arnaqué quelqu’un sans faire exprès. J’étais en plein aménagement, et j’ai acheté une table d’architecte à un particulier qui déménageait. Elle coûtait 40 euros, mais quand on s’est rencontrés, je n’avais qu’un billet de 50 euros. Comme je n’avais pas envie de perdre 10 euros, on a convenu de régler ça plus tard. Mais on a tous les deux zappé, et je n’avais même pas ses coordonnées bancaires. J’ai donc involontairement volé quelqu’un… Obvy permet d’éviter ce genre de problème, mais aussi de se balader avec de grosses sommes en liquide, ou de payer à l’avance un produit qui finalement, ne correspond pas à ses attentes.

Pourquoi avoir choisi ce nom ?

CHGD : On a sorti la première solution de paiement mobile destinée à sécuriser les achats et ventes entre particuliers. Rien qu’en France, ce marché compte 31 millions d’utilisateurs, qui réalisent 70 millions de transactions par an. Il nous semblait donc évident de concevoir une solution de paiement dédiée à cette économie, ce qui a conduit au nom "Obvy", qui est le diminutif de "obvious".

Obvy a été cofondée par Laurent Vessiere, Charles-Henri Gougerot-Duvoisin, Jérémie Di Méglio et Stevy Llong-Taï (de gauche à droite).
Obvy a été cofondée par Laurent Vessiere, Charles-Henri Gougerot-Duvoisin, Jérémie Di Méglio et Stevy Llong-Taï (de gauche à droite).

Comment ça fonctionne en pratique ?

CHGD : Il suffit de s’inscrire via notre application mobile, disponible sur Android et iOS. La version pour navigateur web arrivera bientôt. Le fonctionnement est très simple. Si je veux acheter un smartphone sur Facebook par exemple, je vais demander au vendeur son identifiant Obvy, afin de m’assurer qu’il s’agit d’une personne de confiance grâce aux avis laissés par les autres utilisateurs. Ensuite, je vais lui envoyer une demande d’achat. S’il l’accepte, le montant correspondant au prix demandé va être déposé sur un compte inviolable grâce au cantonnement de fonds. Cette somme va servir de garantie au vendeur, qui va être assuré que j’ai bien l’argent nécessaire. Au moment de la transaction, si le produit correspond à mes attentes, il suffit de scanner un QR Code avec l’application et ça déclenche le paiement. Chaque partie est libre, jusqu’au dernier moment, d’annuler la transaction sans frais.

Avez-vous des concurrents ?

CHGD : On nous compare souvent à PayPal, mais ça n’a rien à voir, car ils ne font même pas de cantonnement de fonds alors que c’est la grande force d’Obvy. On est plus proches de solutions comme PayCar ou DEPOPASS, mais elles se limitent à la vente de véhicules. Obvy fonctionne pour tous types de biens, pour des montants allant de 1 à 50 000 euros.

Quel est le principal obstacle à surmonter pour le développement d’Obvy ?

CHGD : C’est la compréhension du produit par le public visé. La difficulté majeure, c’est de faire comprendre aux gens l’intérêt du cantonnement de fonds et donc la valeur ajoutée apportée par Obvy dans les transactions entre particuliers. On n’a pas encore initié de campagne marketing, mais on a déjà plus de 1500 clients. On sait qu’il y a une vraie demande. Maintenant, le challenge est de réussir à aller assez vite pour évangéliser notre marché. Ça va passer par la mise en place du bouton de paiement Obvy sur les sites de petites annonces. D’ici septembre, on va déployer notre solution auprès de 15 partenaires qui représentent plus de dix millions de visiteurs uniques. Mais on en a encore environ 300 à convaincre.

Avez-vous d’autres idées pour faire connaître Obvy du plus grand nombre ?

CHGD : Oui, on va boucler une levée de fonds dans les prochains mois, ce qui nous permettra d’investir dans le marketing et la communication. On va aussi s’appuyer sur un webzine que nous avons baptisé Obvy Magazine. Il s’agit du premier portail dédié exclusivement aux astuces et à la prévention des arnaques entre particuliers pour tous les types de biens.

Quel est le business model d’Obvy ?

CHGD : Le service est gratuit pour les vendeurs. Il y a simplement une commission prélevée à l’acheteur, relative au montant total de la transaction.

"Obvy est déjà disponible en Belgique, au Luxembourg et dans les DOM-TOM" 

Êtes-vous rentable ?

CHGD : Non. Les commissions que nous prenons sont faibles car nous voulons que tout le monde puisse accéder à notre solution. Nous serons rentables quand nous atteindrons la masse critique nécessaire d’utilisateurs. On le sera d’ici trois ans normalement, dans la mesure où nous visons 1% du marché français et que le produit est déjà disponible en Belgique, au Luxembourg et dans les DOM-TOM. En plus, l’application a déjà été développée en multilingue et en multi-devises, ce qui va nous permettre d’investir rapidement d’autres pays.

Quel futur envisagez-vous pour Obvy ?

CHGD : Déjà on va déployer notre bouton de paiement chez nos premiers partenaires. Et d’ici septembre ou octobre, on va proposer de nouvelles fonctionnalités, notamment de la négociation. Ensuite, sur le moyen terme, on va étendre notre champ d’activité au marché des services, que ce soit de la caution entre particuliers, de la location, de la billetterie, du dépôt de garantie, du covoiturage… On pourra sécuriser tout ça depuis une seule et même application grâce au cantonnement de fonds. 

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Guillaume Huault-Dupuy

Journaliste

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