Machitos, un peu de Pérou sur vos épaules

Machitos, un peu de Pérou sur vos épaules

Démocratiser l’artisanat péruvien de façon juste était l’ambition de Mélissa, d’origine péruvienne et entrepreneuse dans l’âme. Nous l’avons rencontrée pour parler ensemble de Machitos, sa marque de sacs à dos dessinés en France et fabriqués au Pérou.

Qui se cache derrière Machitos ? Peux-tu te présenter ?

Mélissa, 29 ans, j’ai grandi en France mais je suis née au Pérou. Je suis entrepreneure et j’ai lancé mon e-shop de sacs à dos en cuir et en toile fabriqués par des artisans péruviens. Mais j’ai une double activité, j’interviens également en entreprise sur les nouvelles méthodologies de travail. Ce sont deux jobs complètement différents. Machitos est une activité de cœur car elle fait appel à mes racines et mon activité de conseil a pour vocation de transmettre l’esprit entrepreneurial et l’envie de créer au sens large.

Quel a été ton parcours ?

Issue d’une formation universitaire, j’ai ensuite occupé un poste de directrice marketing dans une start-up spécialisée dans les nouveaux moyens de paiement en ligne pendant trois ans. Mais j’ai toujours eu l'entrepreneuriat pour ambition. J’ai donc suivi une formation d’un an et j’ai lancé mon site d’acquisition de lead, spécialisé dans l’automobile. Il faut tester, essayer des choses mais c’est plus simple quand ce sont des sujets qui te parlent. Quand tu entreprends, tu es régulièrement amené à défendre ton projet, c’est plus facile quand c’est un projet personnel qui te ressemble.

Quelle est la genèse de Machitos ?

Même si j’ai toujours vécu en France, le Pérou c’est mes racines. J’avais envie d’y rendre hommage. Et il faut trouver des prétextes pour entreprendre. Je voulais créer une marque dans l’univers du voyage et j’avais une idée claire de mon produit futur : des sacs à dos en cuir et toile. J’ai donc commencé à travailler sur le lancement de Machitos en 2015. Je dessine les modèles qui sont ensuite créés par des artisans péruviens. Mais en réalité, nous sommes deux derrière Machitos : mon petit ami et moi.

Tu vis en France, comment as-tu réussi à nouer des partenariats durables avec les populations locales ?

Je retourne au Pérou régulièrement, au moins une fois par an. Je connais du monde donc j’ai rapidement su vers qui me tourner. Comme je ne suis pas sur place, j’ai délégué la recherche de fournisseurs à ma famille. Ils ont identifié des artisans et, comme le cuir est un matériau très spécifique, je me suis rendue sur place pour les rencontrer. J’ai rapidement sympathisé avec un couple d’artisans avec qui j’ai noué des relations solides, au-delà du professionnel. Au Pérou, la mentalité est différente et la relation client/fournisseur se base beaucoup sur la confiance. C’est d’ailleurs ce qui me plaît.

Peux-tu nous en dire plus sur le programme « Backpacks for Barrios » mis en avant sur ton site internet ?

Très rapidement, j’ai souhaité adosser une association à Machitos qui n’existerait pas sans le savoir-faire péruvien. Participer au développement économique du Pérou en reversant une partie du montant du prix du sac à une œuvre caritative s’est imposé comme une évidence. Je suis donc allée rencontrer sur place différentes associations et c’est « Mano a Mano » qui a retenu mon attention. C’est une association qui œuvre pour donner une éducation et former professionnellement les femmes des bidonvilles. Elle est basée au nord de Lima, non loin d’où habite ma famille, ce qui fut un argument supplémentaire.

Comment aimerais-tu voir grandir Machitos ?

Le plus important pour moi est de conserver l’âme artisanale de Machitos. Aujourd’hui, les sacs à dos sont créés à la demande, il faut entre trois semaines et un mois. Je ne veux pas inonder mes fournisseurs de commandes car je cherche également la pérennité de nos relations. Je n’augmenterai donc pas le nombre de collections. Je veux également rester dans la maroquinerie mais toujours dans l’univers du voyage. Je suis par exemple en train d’imaginer une gamme de sacs en bandoulière mais je ne proposerai jamais de sacs à main. Puis je dois ménager du temps pour mes autres activités professionnelles. En ce moment, je dispense des formations d’entrepreneuriat dans des écoles et des universités pour essayer de transmettre cet état d’esprit de création à des étudiants qui n’ont pas encore intégré l’environnement un peu figé de l’entreprise. J’organise donc mon temps entre passions, coups de cœurs et transmission.

Manon Marcillat

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