Leetchi : du projet étudiant à la start-up florissante

Leetchi : du projet étudiant à la start-up florissante

Vous connaissez sûrement Leetchi, la plus célèbre des cagnottes en ligne. Lancée en 2009 par Céline Lazorthes, à sa sortie de HEC, elle est vite devenue incontournable. Retour sur cette belle aventure avec Alexia Reiss, Directrice marketing et communication de la société.

Pouvez-vous me rappeler les origines de Leetchi ?

Alexia Reiss : C'est une histoire assez connue. Céline Lazorthes faisait partie des organisateurs du week-end d'intégration de sa promo à HEC. Elle a dû avancer la somme pour organiser les festivités, mais elle a eu beaucoup de mal à se faire rembourser. Elle s'est donc demandée comment récupérer facilement de l’argent à l’aide d’un outil en ligne. Et comme aucun service ne proposait ça, elle s'est dit qu'elle allait le créer. Elle en a donc fait son projet de fin d’études. Une fois son diplôme en poche, plusieurs personnes l'ont rejointe, ça a grossit et c'est devenu Leetchi.

Pourquoi avoir choisi ce nom ?

AR : C’est Céline qui l’a choisi au tout début, suite à un brainstorming entre copains. Ils se sont dits que les grosses boîtes qui marchaient bien avaient souvent des noms de fruits, à l’image d’Apple et Orange. Elle a donc opté pour Leetchi, un nom qu’elle trouvait sympa, fruité, convivial.

À quels obstacles majeurs a-t-elle été confrontée au départ ?

AR : Les mêmes que tout le monde, à savoir rendre le projet viable, trouver des financements, des business angels pour lever les premiers fonds nécessaires à la concrétisation du projet. Il y avait aussi la problématique classique du manque de crédibilité quand on est jeune, quand on est une fille. Mais rien d’insurmontable au vu du succès de Leetchi, qui compte aujourd’hui huit millions d’adeptes.

Concrètement, à quoi peut servir Leetchi ?

AR : Le tout premier usage était le cadeau commun, et plus largement la collecte entre amis pour financer un événement. Puis, peu à peu, ça s'est démocratisé à la sphère publique et à l'appel aux dons. Cela fait maintenant quelques années que nous proposons des cagnottes solidaires pour défendre des causes nationales, soutenir des associations, des personnes en difficulté…

Quel est votre business model ?

AR : Il est très simple. Soit l’utilisateur dépense sa cagnotte en ligne chez l’un de nos partenaires, et dans ce cas-là c’est totalement gratuit car on est rémunéré directement par l’entreprise choisie. Soit il décide de récupérer l’argent sur son compte bancaire. S’il choisit cette option, on récupère une commission qui varie en fonction du montant collecté. En-dessous de 2 000 euros, elle s’élève à 4% du montant total, et au-dessus on prend 2,9%. Ça marche bien, nous sommes rentables.

Hormis les cagnottes solidaires, quelles évolutions majeures ont été mises en place depuis le lancement ?

AR : La cagnotte en elle-même a beaucoup changé. On peut désormais incorporer des images, de la vidéo, envoyer des messages aux participants… On s’est aussi ouvert à d’autres marchés. Au tout début, Leetchi n’officiait qu’en France. Maintenant, nous couvrons toute la zone Euro et l’Angleterre. Cette année, nous avons aussi activé la géolocalisation des cagnottes, pour découvrir toutes celles ouvertes autour de nous.

Vous avez lancé MANGOPAY en 2013, pouvez-vous m’expliquer ce que c’est ?

AR : C’est une solution de paiement qui avait été imaginée pour Leetchi au départ, car il n’en existait pas pour ce que nous voulions mettre en place. Par la suite, nous avons mis MANGOPAY à la disposition d’autres start-up, comme Pumpkin par exemple. En gros, c’est une solution de paiement dédiée aux places de marché et aux sites de crowdfunding.

Pouvez-vous me faire une photographie du groupe à l’heure actuelle ?

AR : En englobant MANGOPAY, nous employons 80 personnes, dont une cinquantaine à Paris. D’ailleurs, nous recrutons s’il y a des intéressés. Toutes nos offres sont disponibles sur Welcome to the Jungle.

Combien d’argent avez-vous collecté ces dernières années ?

AR : À l’échelle du groupe, nous avons collecté 200 millions d’euros en 2015, 500 millions en 2016, et nous visons le milliard cette année. Sans vouloir spoiler, on est en train de s’y tenir.

Comment Leetchi est-elle devenue la cagnotte de référence ?

AR : Avant tout parce qu’on était les premiers sur ce marché en Europe et que notre service était extrêmement viral. Aujourd’hui, on continue de prospérer grâce à notre connaissance du marché et à nos utilisateurs. Une bonne partie de nos nouvelles fonctionnalités nous vient de ces derniers, à l’image des cagnottes solidaires. On trouve ça normal d’adapter Leetchi à leurs besoins.

Guillaume Huault-Dupuy

Journaliste

Vous aimerez aussi
Comment trouver un logement étudiant à la dernière minute ?

Vous vous apprêtez à faire votre rentrée, les cours vont commencer, mais vous ne savez toujours pas où vous allez...

Entreprendre
Étudiants : les démarches pour prendre votre indépendance

Le bac en poche, vous vous apprêtez à faire votre entrée dans l’enseignement supérieur. À vous...

L'écosystème des start-up en France

Vous avez toujours voulu travailler dans une start-up mais vous n'y connaissez rien ? Ça tombe bien, nous avons compilé pour vous les...

Pourquoi rejoindre une association étudiante à la rentrée ?

À condition d’être motivé, intégrer une association étudiante n'apporte que des bénéfices,...

Trouvez l'info que vous cherchez