Klaxoon réinvente le travail en équipe

Klaxoon réinvente le travail en équipe

Basée à Rennes, la start-up Klaxoon s’est fixée un objectif ambitieux : simplifier le travail en équipe pour gagner en plaisir et en productivité. Et ça marche ! Elle est en train de bouleverser le fonctionnement des entreprises dans le monde entier. Rencontre avec son fondateur, Matthieu Beucher.

Pouvez-vous revenir sur la genèse de Klaxoon ?

Matthieu Beucher : J’ai découvert les méthodes agiles lorsque j’ai rejoint le groupe Valeo il y a plus de dix ans. Dans cette entreprise, les réunions duraient 30 minutes chacune, c’était hyper efficace. J’ai eu un coup de cœur et j’ai voulu aller encore plus loin en rendant ces méthodes agiles accessibles au plus grand nombre. C’était mon objectif lorsque j’ai créé la société en décembre 2014, après deux ans de recherche et développement. Et aujourd’hui, nous avons plus de 600 000 utilisateurs dans 120 pays.

Concrètement, à quoi servent vos produits ?

MB : Nous créons des outils permettant de faciliter le travail en équipe, d’en faire une source de plaisir. C’est parti du constat qu’aujourd’hui, on ne peut plus travailler seul dans son coin. Ce besoin de collaboration se traduit par des réunions, des séances de travail à distance… et c’est là que Klaxoon entre en jeu. Nous proposons une suite d’applications collaboratives qui vont permettre de gagner en efficacité pour des brainstormings, des projets collectifs, pour partager des idées…

Comment ça se traduit en pratique ?

MB : Par exemple, au lieu de faire un long tour de table à l’oral, on pose une question sur Klaxoon et tout le monde envoie ses idées. Ça évite de faire perdre du temps aux salariés, et ça les pousse à participer aux réflexions collectives. On peut le faire au bureau, à distance ou en déplacement, du moment qu’on a une connexion Internet. Un smartphone suffit pour participer. Ensuite, lors de la réunion, tout est très accessible grâce à de grands écrans tactiles. On peut avoir jusqu’à 100 personnes connectées en live de manière très fluide. On va même garder des traces écrites de ce qu’on a dit, afin de gagner du temps pour la prochaine fois. C’est notre proposition pour améliorer et démocratiser les méthodes agiles grâce au digital.

Quelle est la place de la Klaxoon Box dans ce système ?

MB : Elle est destinée aux utilisateurs qui n’ont pas accès à Internet. Ça arrive notamment quand nos clients voyagent un peu partout dans le monde. La box va alors créer son propre Wi-Fi pour permettre à l’utilisateur de participer aux réunions sans connexion web. C’est l’outil tout-terrain de Klaxoon.

Matthieu Beucher pose avec la Klaxoon Box.
Matthieu Beucher pose avec la Klaxoon Box.

"On rencontre plein de personnes qui nous disent que ce que l’on veut créer est impossible..."

Avez-vous été confronté à des obstacles pour créer Klaxoon ?

MB : Oui, plusieurs. Le premier obstacle a été d’oser penser grand. On dit souvent qu’il faut viser l’excellence, mais c’est une vraie bataille au quotidien. Il faut savoir se projeter dans le futur avec ambition, même si les tracas du quotidien peuvent nous pousser à arrêter de rêver. L’autre difficulté, c’est qu’on rencontre plein de personnes qui nous disent que ce que l’on veut créer est impossible. Ça arrive presque tous les jours, et leurs arguments sont souvent convaincants. C’est perturbant, et il faut rester à l’écoute, mais il faut toujours y croire pour aller jusqu’au bout. Pour moi, c’est ça le principal obstacle, même s’il en existe d’autres sur les plans financier, économique…

Existe-t-il des concurrents sur votre secteur ?

MB : Il existe des outils similaires à ceux que l’on propose, mais pas de solution tout en un comme la notre. Klaxoon est professionnel, fiable, dispose d’une large une communauté d’utilisateurs et le tout pour 19 euros par mois. C’est ce qui explique la vitesse de notre croissance, au même plan que notre ADN porté sur l’efficacité du travail en équipe, qui est vraiment unique sur le marché.

Comment fonctionne cet abonnement à 19 euros par mois ?

MB : C’est 19 euros par mois par utilisateur, et c’est gratuit pour les participants à la réunion. Si vous achetez une licence demain, vous pourrez créer un brainstorming avec Klaxoon et communiquer avec des dizaines de personnes. Par contre, il n’y a que la personne abonnée qui peut créer des discussions. Pour que tout le monde ait la possibilité de lancer des brainstorms, il faut que chacun souscrive un abonnement. Le but est que l’outil soit utilisé par toute l’équipe et que tout le monde puisse créer un sujet de discussion. Sinon on perd en dynamique collective.

Dans ses locaux, Klaxoon montre l'exemple. Tout est fait pour faciliter le travail en équipe et améliorer le bien-être des collaborateurs. Il n'est donc pas étonnant de voir des espaces de travail côtoyer des lieux de détente.
Dans ses locaux, Klaxoon montre l'exemple. Tout est fait pour faciliter le travail en équipe et améliorer le bien-être des collaborateurs. Il n'est donc pas étonnant de voir des espaces de travail côtoyer des lieux de détente.

"Notre plus grand défi, c’est d’être à la hauteur du potentiel de Klaxoon"

Vous avez reçu beaucoup de récompenses en France et à l’international. Qu’est-ce que ça vous apporte ?

MB : J’aime bien les prix car je trouve gratifiant d’avoir des retours positifs d’acteurs qui ne sont pas juges et parties. Au salon CES de Las Vegas notamment, on a été très contents d’en gagner deux fois de suite parce que ces gens sont à l’autre bout de la planète, ils ne vous connaissent pas, sont des acteurs notoires dans leur domaine, et pourtant ils croient en notre produit, en notre façon de travailler. Ça a une valeur folle, et ça booste les équipes en interne.

Quels sont vos plus grands défis pour le futur ?

MB : Notre plus grand défi, c’est d’être à la hauteur du potentiel de Klaxoon, c’est-à-dire aller conquérir de grands territoires comme les États-Unis, montrer qu’on peut être un acteur solide, de grande envergure, même si on est basé à Rennes. C’est une bataille de tous les jours. On espère passer bientôt de 150 à 1 000 collaborateurs. Ça peut paraître choquant, ou ambitieux, mais 150 si l’on revient quelques années en arrière, c’était encore plus fou.

C’était votre rêve de devenir entrepreneur ?

MB : Quand j’étais enfant, je voulais être ingénieur Lego, puis architecte et réalisateur. Mais dès l’âge de 12-13 ans, j’ai commencé à m’intéresser au métier de PDG. Dans tous ces métiers, le point commun est la liberté de créer des choses, ce qui m’a toujours plu.

Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur en herbe ?

MB : De se concentrer sur ses forces, parce que c’est épuisant de n’être qu’à moitié bon partout. Il faut qu’il trouve sa zone d’excellence, là où il peut être meilleur que tout le monde. C’est vrai pour lui, mais aussi pour son entreprise, afin qu’elle soit identifiée comme un acteur excellant dans un domaine en particulier. C’est ça le secret quand on se lance.

Envie de travailler pour Klaxoon ? C'est par ici !

Guillaume Huault-Dupuy

Journaliste

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