Hopen Project crée du lien entre les générations

Hopen Project crée du lien entre les générations

Fondée en 2015 à Bordeaux par trois passionnés de technologie, Hopen Project veut connecter les générations grâce à des solutions numériques accessibles à tous. Nelly Meunier, cofondatrice et CEO de la société, est revenue avec nous sur ce projet ambitieux.

Comment a démarré l’aventure Hopen Project ?

Nelly Meunier : Tout a commencé avec un projet qui s’appelait Cordon Numérique (aujourd’hui rebaptisé Cordon, ndlr). L’idée était de recréer du lien entre les enfants nés prématurément et leurs parents lorsqu’ils sont à l’extérieur de l’hôpital.

Qui sont les cofondateurs de l’entreprise ?

NM : Nous sommes trois fondateurs, et on se connaît depuis le lycée. Nous avons des profils très complémentaires : Pierre Meunier est sur la partie tech (CTO), Yoann Ebrard gère les finances (CFO), et je m’occupe de la stratégie et de la communication.

Quels besoins souhaitez-vous combler avec Hopen Project ?

NM : L’idée est de trouver des solutions là où la communication, les réseaux sociaux actuels ne peuvent pas aller. Aujourd’hui, presque tout le monde utilise Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram, mais ces moyens de communication ne sont pas forcément évidents pour certaines cibles, comme les enfants prématurés ou les seniors. Notre ambition est de démocratiser la communication, de la rendre accessible à tous. 

Quelles ont été les principales étapes du développement de la société ?

NM : En parallèle du développement de Cordon, j’ai eu une histoire de famille qui a fait naître Sunday. Ma grand-mère était en maison de retraite, et ma famille était dispersée, donc on avait créé une box artisanale pour lui envoyer des photos sur sa télé. C’est vite devenu sa chaîne préférée et on s’est rendu compte qu’il y avait un réel engouement autour de la solution car elle répondait à un vrai besoin. C’est ça qui nous intéresse chez Hopen Project, c’est de répondre à de vrais besoins et non d’en inventer de nouveaux.

Yoann Ebrard et Nelly Meunier se connaissent depuis 15 ans. En tant que CFO, il s'occupe principalement des finances et de la stratégie commerciale d'Hopen Project.
Yoann Ebrard et Nelly Meunier se connaissent depuis 15 ans. En tant que CFO, il s'occupe principalement des finances et de la stratégie commerciale d'Hopen Project.

Quels obstacles avez-vous rencontré pour donner vie à Hopen Project ?

NM : Ce sont plutôt des contraintes de temps et d’argent, il faut trouver les bons interlocuteurs et aller vite dans les démarches, ce qui n’est pas forcément évident.

"C’est important d’être bien entouré, mais il faut aussi savoir compter sur soi-même, parce que c’est un choix de vie."

Qui vous a soutenu depuis la création de la société ?

NM : Plutôt l’entourage, la famille, les amis, et tout l’écosystème que je me suis créé avec d’autres entrepreneurs. C’est important d’être bien entouré, mais il faut aussi savoir compter sur soi-même, parce que c’est un choix de vie. Il faut être prêt à faire des sacrifices, malgré tous les gens qui pensent que c’est d’une simplicité absolue de créer une société. C’est faux, on rencontre beaucoup de difficultés, d’obstacles. Il faut toujours rester déterminé, ne rien lâcher. Mais moi je n’ai pas vraiment l’impression de travailler parce que je vis de ma passion.

Au-delà de vos proches, avez-vous reçu le soutien d’entreprises, d’acteurs publics ?

NM : Oui, on a fait une levée de fonds. On a des mentors autour de la table, des chefs d’entreprise de la région qui nous soutiennent, des fondations, des associations… Nos solutions parlent plus aux gens que si on travaillait dans la data, l’intelligence artificielle… Ces sujets sont très intéressants, mais beaucoup plus durs à appréhender pour le grand public que des solutions de communication inter-générationnelles comme Sunday ou Cordon.

Quel est le business model d’Hopen Project ?

NM : Pour Cordon, le business model c’est l’installation de la solution dans les établissements de santé et la maintenance. Et pour Sunday, c’est l’achat de la télécommande sociale qu’on a développé. Déjà disponible en précommande, elle sera bientôt distribuée dans les grands magasins comme la Fnac, Darty, en vue des fêtes de Noël… Elle devrait nous permettre de mettre un bon coup d’accélérateur.

"On est là pour reconnecter les personnes déconnectées"


Quel futur envisagez-vous pour Sunday ?

NM : Aujourd’hui, on est là pour reconnecter les personnes déconnectées. Mais ça peut servir aussi aux parents qui ont un enfant qui fait le tour du monde, ou pour partager des photos lors d’une soirée entre amis… Pour moi, la suite logique, c’est qu’après avoir reconnecté les gens par la technologie, on va pouvoir les reconnecter physiquement.

Comment comptez-vous y parvenir ?

NM : Ah ça… c’est le challenge qu’on est en train de structurer pour savoir comment on va s’y prendre.

Quelles sont les clés pour le développement de la société ?

NM : Premièrement, c’est le déploiement à l’international. C’est un point majeur, et nous œuvrons déjà pour essayer de conquérir le marché américain. Deuxièmement, c’est de continuer à implanter nos solutions en France, dans les établissements de santé, dans les hôpitaux, les cliniques… il nous reste beaucoup de boulot sur cette partie-là. Troisièmement, on souhaite devenir un outil standard de communication dans les usages familiaux, entre amis… On a de gros challenges car on est sur un secteur florissant, celui de la communication inter-générationnelle.

Avez-vous de la concurrence sur ce secteur ?

NM : Oui, nous ne sommes pas les seuls à vouloir recréer du lien entre les générations. Là où l’on se différencie, c’est déjà le fait d’avoir créé un objet, une télécommande sociale, ce qui est assez innovant. Dans l’usage aussi on se distingue, car on peut interagir avec sa télé, et donc avec la personne qui envoie les photos derrière. Ça c’est innovant, car les autres start-up sont plutôt sur des solutions plus traditionnelles du type papier, blog…

 Nelly Meunier a été choisie comme égérie de la dernière campagne de communication nationale de LinkedIn, lancée le 18 juin dernier.
Nelly Meunier a été choisie comme égérie de la dernière campagne de communication nationale de LinkedIn, lancée le 18 juin dernier.

Quelles sont les difficultés à créer un produit hardware par rapport à un logiciel ?

NM : Du fait qu’on réalise un objet, on a encore moins le droit à l’erreur que lorsque c’est une plate-forme. Une fois que c’est fait, c’est fait. Il faut juste croiser les doigts tout au long du process en espérant qu’à la fin on n’aura rien oublié. Ça coûte extrêmement cher, surtout dans l’électronique. Il faut être serein sur toute la phase de production de la solution, jusqu’à ce qu’elle se retrouve chez le client. Il faut espérer qu’il n’y ait pas de bug industriel. C’est la première fois de notre vie qu’on sort un produit et on appréhende un peu plus...


"Tout le monde croit qu’être entrepreneur c’est cool, mais non, on travaille comme des acharnés"


Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui rêve de monter sa boîte ?

NM : Il faut bien s’entourer, être déterminé et ne rien lâcher. Ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent, mais ils sont importants parce qu’on peut parfois se décourager, se demander pourquoi on se lance dans un projet comme ça, pourquoi on bosse la nuit, le week-end, les jours fériés… Tout le monde croit qu’être entrepreneur c’est cool, mais non, on travaille comme des acharnés parce que finalement la société c’est un peu notre bébé. Si tu ne la fais pas grandir, personne ne le fera pour toi.

Envie de travailler chez Hopen Project ? C'est par ici !

Guillaume Huault-Dupuy

Journaliste

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