Flaneurz : une start-up banlieusarde et fière de l'être

En greffant des roues sous nos chaussures, Flaneurz cherche à révolutionner les mobilités douces. Une mission que la société remplit depuis la pépinière de La Courneuve, où elle est installée depuis 2015. Nous avons franchi le périph pour leur rendre une petite visite.

"Il y a ici un esprit d’ouverture qu’on ne trouve pas dans le centre de Paris."

Loin du Silicon Sentier, qui regroupe de nombreuses start-up dans le centre de Paris, Flaneurz a fait le choix de s’implanter en banlieue, dans la pépinière de La Courneuve. Une décision naturelle pour Florian Gravier, qui est à l’initiative de ce projet. Originaire de Villiers-le-bel, il fait tout pour redorer le blason de ces quartiers considérés comme sensibles. Mais pour Arnaud Darut-Giard, c’était moins évident au départ… "Je viens de Saint-Germain-en-Laye, où tout le monde est en short, en chaussures bateau et petit polo, donc j’étais pas très rassuré quand Florian m’a dit qu’on allait s’installer à la cité des 4000", sourit-il. "Aujourd'hui, ma vision a changé. Quand j’habitais dans les beaux quartiers, j’avais un avis super péjoratif sur la banlieue. Maintenant, c’est l’inverse, car il y a ici un esprit d’ouverture qu’on ne trouve pas dans le centre de Paris."

Avec Flaneurz, Florian, Arnaud et leurs collègues veulent servir de modèles aux jeunes du quartier. "On essaie de leur montrer qu’on peut réussir à faire des choses fortes, même dans un quartier jugé péjorativement, comme créer de l’emploi, travailler et s’amuser", souligne Arnaud. Il accueillent notamment des stagiaires de troisième issus de La Courneuve, et les poussent à exploiter leur potentiel au maximum. La banlieue fait partie de l’ADN de Flaneurz, et la société le lui rend bien en essayant de faire bouger les choses à sa petite échelle. "C’est une fierté de se dire qu’on fait grandir un quartier qui est laissé à l’abandon par une majorité de la population".

À la pépinière de La Courneuve, Flaneurz a trouvé tout ce dont elle avait besoin pour mûrir. Un accompagnement sur les aspects administratifs, juridiques, comptables, ainsi qu'une transmission de savoir entre entreprises.
À la pépinière de La Courneuve, Flaneurz a trouvé tout ce dont elle avait besoin pour mûrir. Un accompagnement sur les aspects administratifs, juridiques, comptables, ainsi qu'une transmission de savoir entre entreprises.

Si Flaneurz s’est implantée en banlieue, ce n’est pas seulement pour faire changer le regard sur ces quartier si souvent stigmatisés, c’est aussi pour les nombreux avantages qu’elle procure. Le premier, c’est l’attention médiatique que ça génère pour la marque, en raison du peu de concurrence en matière d’entreprises innovantes à La Courneuve. Ça en fait presque un symbole de réussite. Le second est plutôt d’ordre économique. Flaneurz ayant besoin d’une surface considérable pour installer son atelier, la banlieue offre un prix au mètre carré plus intéressant que Paris. Le troisième, c’est l’accompagnement fourni par la pépinière de La Courneuve, que ce soit sur le plan juridique, administratif, comptable, fiscal…

La belle vie en pépinière

Florian comme Arnaud vantent les bienfaits de la vie en pépinière. Au-delà de l’accompagnement offert par la structure, ils y bénéficient aussi de l’expertise des autres entreprises présentes dans les murs. La transmission de savoirs qui s’y déroule n’a pas de prix pour les sociétés venues ici pour grandir. Arnaud Darut-Giard nous en a donné un exemple concret : "Réussir une campagne de crowdfunding, c’est quelque chose qu’on a pu transmettre, mais créer un site web, c’est quelque chose qu’on nous a appris ici. Cette synergie, c’est ce qu’on recherchait en intégrant la pépinière de La Courneuve".

Dans les locaux de la pépinière, Flaneurz est installé dans un espace de 85 mètres carrés. L’atelier de production prend tout l’espace, et les bureaux sont installés dans une mezzanine qu’ils ont rajoutée par la suite. Pour parvenir à être efficace dans une surface si réduite, il a fallu optimiser les espaces de travail. Et pour ça, Arnaud a pu s’appuyer sur l’expérience emmagasinée quand il travaillait chez McDonald’s pendant ses études. "C’est un exemple en termes d’industrialisation. Tout est fait pour gagner en efficacité sur la chaîne de production, maximiser le temps tout en gagnant en qualité", détaille Arnaud. "J’ai donc fait exactement la même chose chez Flaneurz. Tout le monde est à son poste, et même en cas de rush, on peut rester concentré sur sa tâche et travailler sans se gêner. Tout est organisé, carré, hyper ordonné."

Dans l'atelier de Flaneurz, tout est fait pour optimiser la production.
Dans l'atelier de Flaneurz, tout est fait pour optimiser la production.

Dans la pépinière, ils jouissent également d'espaces mutualisés, qu’il s’agisse des salles de réunion, des sanitaires, de la cafétéria… Dans l'une de ces salles, qui n’était pas exploitée, ils on même pu installer un studio photo. "On squatte 20 mètres carrés qui appartiennent à la pépinière, et en contrepartie on prête gracieusement notre matériel aux autres boîtes. S’il le faut, on les forme, ça prend un quart d’heure, donc tout le monde en profite."

Le temps de l’envol

Si la pépinière leur a permis de mûrir, Flaneurz est aujourd’hui prête à prendre son indépendance. La société est actuellement à la recherche de nouveaux locaux, toujours en banlieue. Ils cherchent leur bonheur sur le territoire Plaine Commune, qui englobe La Courneuve, Aubervilliers, Saint-Denis, Épinay-sur-Seine, Saint-Ouen… L’objectif est de trouver un espace d’une surface de 800 à 1000 mètres carrés qu’ils pourront personnaliser à leur image.

Comme tous les collaborateurs de Flaneurz, Arnaud Darut-Giard participe une fois par semaine à la production des rollers.
Comme tous les collaborateurs de Flaneurz, Arnaud Darut-Giard participe une fois par semaine à la production des rollers.

Actuellement en pleine levée de fonds, Flaneurz est contrainte d’évoluer pour répondre à la demande grandissante. Aujourd'hui, toutes les équipes doivent participer un jour par semaine à la production des rollers, qu’ils travaillent comme ingénieurs ou dans la communication. En déménageant, grâce à l’argent qu’ils auront récolté, ils pourront enfin avoir une équipe dédiée à cette tâche. Ils pourront également investir dans le développement de nouveaux produits. Mais tout cela signifie plus de salariés, plus d’activité, et donc la nécessité d’un espace plus grand.

Florian et Arnaud ont chacun leurs petites envies pour leurs futurs locaux. Le premier rêve de monter un club de roller derby, le second aimerait un espace jardin avec des chaises longues, des tables de pique-nique et un barbecue. Mais là où ils se rejoignent, c’est sur leur volonté d’y accueillir du public. Ils comptent y organiser des événements, y installer un showroom… bref d’en faire un lieu de vie. Un beau projet qui devrait bientôt se concrétiser.

Découvrez la Success Story de Flaneurz ! 

Guillaume Huault-Dupuy

Journaliste

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