Digitaleo rapproche les entreprises des consommateurs

Digitaleo rapproche les entreprises des consommateurs

Née à Rennes en 2004, Digitaleo commercialise une plate-forme en ligne permettant aux entreprises de communiquer directement avec leurs clients. Son fondateur, Jocelyn Denis, nous dévoile la recette de son succès.

Pouvez-vous revenir sur les débuts de l'aventure Digitaleo  ?

Jocelyn Denis : Il y a 15 ans, le monde était totalement différent. Les smartphones n’existaient pas, tout comme l’Internet mobile, les réseaux sociaux, Youtube… Un jour, j’ai reçu un SMS de mon opérateur me signalant que j’avais épuisé mon forfait téléphonique. Ça a été l’élément déclencheur, j’ai compris que le mobile allait devenir incontournable pour le grand public. J’ai décidé de miser dessus en me disant que bientôt, on n’aurait plus un téléphone dans la poche mais un ordinateur. En 2007, mon souhait s’est réalisé avec la sortie de l’iPhone. Je pourrais mettre une statue de Steve Jobs dans les bureaux parce qu’il nous a bien aidé.

Quels services proposez-vous ?

JD : Nous aidons des entreprises à collecter les données de leurs clients et prospects. Ces informations sont ensuite regroupées sur notre plate-forme en ligne afin de permettre à ces sociétés de communiquer directement avec les consommateurs de manière personnalisée, ciblée. Grâce à notre outil, les entreprises sont autonomes pour mener leurs campagnes de marketing par SMS, emails, via les réseaux sociaux...

À qui s’adresse cette solution ?

JD : Aujourd’hui, nous avons 4 000 clients : des grands groupes, des concessions automobile, des banques, des restaurants, des magasins de vêtements… et même l’éducation nationale, qui se sert de Digitaleo pour la communication entre les établissements et les parents ou les élèves. Ça englobe tout ce qui est communication en temps réel à travers une base de données, donc c’est très vaste.

"Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas compliqué de créer une entreprise en France." - Jocelyn Denis

  Présent en France et en Espagne, Digitaleo emploie 60 personnes. L'entreprise dispose de bureaux commerciaux à Lyon et à Paris, mais l'essentiel des collaborateurs travaille au siège, dans le quartier de La Courrouze à Rennes.
Présent en France et en Espagne, Digitaleo emploie 60 personnes. L'entreprise dispose de bureaux commerciaux à Lyon et à Paris, mais l'essentiel des collaborateurs travaille au siège, dans le quartier de La Courrouze à Rennes.

Avez-vous été confronté à des obstacles pour créer Digitaleo ?

JD : Pas vraiment… En vérité, mon caractère fait que je ne vois pas les obstacles. Soit je les contourne, soit je me débrouille pour en faire des opportunités. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas compliqué de créer une entreprise en France. Ce qui est plus difficile, c’est de trouver les premiers clients, d’avoir un produit susceptible de les séduire, car ce sont eux qui vont financer la société à ses débuts. Finalement, ma plus grande découverte en 14 ans d’entrepreneuriat, c’est la complexité de l’humain. On part toujours du principe que ça va être simple, mais en pratique c’est hyper complexe car chacun est différent. Le rôle du chef d’entreprise, c’est de créer du lien entre les salariés pour que tout le monde vienne travailler avec la banane.

"On a toujours mis nos utilisateurs au centre de nos préoccupations." - Jocelyn Denis

Quel a été votre parcours avant cette aventure ?

JD : Dès l’adolescence, j’ai été attiré par l’entrepreneuriat. Je ne supporte pas l’autorité, donc je voulais travailler pour moi, être libre. Comme j’ai toujours été attiré par la créativité, les choses atypiques, j’ai choisi de me lancer dans le marketing. J’ai donc fait un DUT, puis une école de commerce. J’ai ensuite travaillé comme commercial chez Kraft Foods, puis comme chef de produit dans les jeux vidéo pour les frères Guillemot (Ubisoft, Gameloft). C’est comme ça que je suis arrivé en Bretagne, car je suis originaire de Cholet (Pays de la Loire) au départ. En 2003, quand j’avais 27 ans, j’ai demandé à partir car je me sentais prêt à créer ma propre entreprise.

Comment vous démarquez-vous de la concurrence ?

JD : Notre différence chez Digitaleo, c’est qu’on a toujours mis nos utilisateurs au centre de nos préoccupations. On les forme et on les accompagne pour qu’ils tirent le maximum de nos outils. Notre taux de satisfaction client est de 96%, ce qui a permis à notre équipe Customer Success de gagner le prix "Amazing Team" lors de l’édition 2018 des West Web Awards. Je suis très fier. Non seulement ça récompense leur travail, mais en plus ça va nous aider à recruter de nouveaux talents.

Quel est votre business model ?

JD : C’est le même depuis le lancement. Comme on édite des logiciels hébergés sur Internet, j’ai choisi l’abonnement mensuel pour tous les utilisateurs du service. À cela s’ajoutent les consommations selon les campagnes qui ont été menées. Lorsque j’ai choisi ce modèle en 2004, c’était inhabituel dans le monde de l’informatique. Mais je voulais avoir de la visibilité pour investir sur le moyen et le long terme. Et finalement, c’est qui a rendu mon modèle intéressant. On a pu financer une grande partie de notre développement sans faire de levée de fonds, ce qui est très rare dans le monde des éditeurs de logiciels.

"Digitaleo pourrait très bien être un ensemble de start-up dans cinq ans…" - Jocelyn Denis

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour lever des fonds ?

JD : Pour pouvoir développer Digitaleo progressivement, sans prendre de risques. L’entreprise a toujours été solide et régulièrement profitable. Mais il y a deux ans, j’ai décidé de passer le pas car j’en avais marre d’être seul. J’avais envie d’échanger avec des associés, d’apprendre de nouvelles choses comme l’international. Et donc j’ai fait cette opération pour changer de dimension.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui hésite à lancer sa boîte ?

JD : S’il a vraiment cette conviction au fond de lui, je lui dirais d’oser et de ne pas trop se poser de questions. Il vaut mieux essayer, quitte à essuyer un échec. Ça lui évitera d’avoir des regrets plus tard. Et au pire, s’il se plante, il aura énormément appris de ses erreurs.

Quels sont les défis de Digitaleo pour le futur ?

JD : Il sont nombreux, mais l’objectif premier est de changer de dimension en termes de taille. Je cherche la performance, avec une croissance durable, rentable et profitable. C’est ça qui va nous permettre de lancer d’autres projets, de proposer de nouveaux services, de créer de nouvelles branches. J’aimerais aussi racheter une belle entreprise pour franchir une dimension via de la croissance externe. Dans mon parcours d’entrepreneur, c’est l’une des rares choses que je n’ai pas encore expérimentées. Quand on sait faire ça, on peut grossir plus vite. J’envisage aussi de développer l’intrapreneuriat car je crois beaucoup aux petites unités. Digitaleo pourrait très bien être un ensemble de start-up dans cinq ans… Sur le plan international, on va continuer à se développer en France et en Espagne, et je souhaite qu’on s’ouvre à deux autres marchés dans les cinq années à venir. Enfin, j’aimerais que Digitaleo acquière une dimension sociétale, avec pourquoi pas la création d’une fondation vouée à des causes importantes comme la protection de l’environnement.

Envie de travailler chez Digitaleo ? C'est par ici !  

Guillaume Huault-Dupuy

Journaliste

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